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à la programmation actuelle)
mardi 10 décembre
2002 à 20h00
à l'Archipel, 17 Bd de Strasbourg - Paris X°
nous présenterons
L'Impasse
de Brian de Palma
L'Impasse
(Carlito's Way - 1993), de Brian
de Palma
Brian de Palma fait partie de la génération
des cinéastes américains qui ont émergés
dans les années 70 avec Scorsese, Coppola ou même
Steven Spielberg. Contrairement à leurs aînés,
ce ne sont pas des techniciens qui ont gravi petit à
petit tous les échelons des studios, mais des cinéastes-cinéphiles,
qui ont fait des études de cinéma et connaissent
aussi bien le cinéma hollywoodien que l'apport européen,
la Nouvelle Vague, ..
Concernant Brian de Palma, cette précision
est d'importance, parce qu'il fait un petit peu figure de premier
de la classe : c'est quelqu'un de très brillant, virtuose
techniquement - il raffole des plan-séquences qui ouvrent
nombre de ses films - et qui s'inspire souvent ostensiblement
de quelques uns de ses prédécesseurs.
Ainsi, ses films les plus connus rappellent d'abord
· l'exubérance des cinéma gothique anglais
ou italien (Mario Bava) pour Le Fantôme de l'Opéra
(74) et Carrie au Bal du Diable (76),
· puis il s'inspire directement d'Hitchcock, surtout
de Psycho et Vertigo, dont Obsession (76)
et Pulsion (80) sont de quasi-remakes, mais dont l'influence
est encore très présente sur Femme Fatale,
son dernier film en date,
· et il transpose enfin le Blow Up de Antonioni
du monde de la photo à celui du son, pour faire avec
Travolta, Blow Out en 81.
On lui reproche alors beaucoup son maniérisme et ces
influences trop présentes, qui vont peu à peu
sinon s'estomper, du moins quitter le premier plan dans ses
films suivants : Scarface (83), les Incorruptibles
(87), Carlito's Way (93), Mission Impossible
(96) ou Snake Eyes (98).
Ainsi, dans l'Impasse, il ne s'autorise qu'un seul véritable
tour de force, une poursuite que les événements
l'obligent de situer, comme celle de Blow Out, dans le
métro new-yorkais puis dans la gare de Grand Central
Station. En effet, la scène avait été prévue
pour se dérouler toute entière le long des Escalators
du WTC, mais l'attentat dans le sous-sol de ce dernier a obligé
de Palma de changer de plan quasiment du jour au lendemain.
L'Impasse est donc un peu à part
dans la filmographie de de Palma, et forme avec Scarface
également incarné par Al Pacino, une sorte de
dyptique. Ces deux films sont deux portraits de mafieux : l'un,
Tony Montana, jeune et ambitieux caïd cubain de la drogue
qui recherche jusqu'à la fin la flamboyance et l'outrance,
l'autre, Carlito Brigante, trafiquant portoricain sur le retour,
plus en retrait, dorénavant plus modeste. Plus qu'un
film policier, Carlito's Way apparaît d'ailleurs
comme une étude de caractère, celle d'un homme
qui n'est plus vraiment de son époque et qui fait face
à son destin.
Cette époque, un carton nous dit qu'il s'agit de New
York en 1975. Soit plus tôt que le Miami des années
80 de Scarface, une époque sans doute moins folle.
D'autant plus que cette année 1975 a des accents de 1970,
puisque Carlito sort de 5 années de prison et se rend
compte que le monde a changé sans lui. Lui qui est resté
fidèle à son code de l'honneur, il n'est plus
qu'un survivant, une légende, auprès de laquelle
on vient se montrer, ou tel un chasseur de prime, que l'on veut
accrocher à son tableau de chasse. C'est finalement la
même trame que celle que Clint Eastwood a adopté
dans son dernier western survivant, Impitoyable. D'ailleurs
le western est cité de façon claire dans le premier
plan de rue après la sortie de prison. On le voit descendre,
lentement la rue, noire de monde, mais qui pourrait tout aussi
bien être l'artère déserte d'une ghost
town, les gamins qui jouent au ballon remplacent ici les
dustbowls qui roulent au gré du vent. Et d'ailleurs,
comme dans My Darling Clementine, tout va se gâter
quand il entrera chez le barbier.
(Grégoire)
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